Introduction
Cette fois-ci, nous allons expliquer ce qu'est la diligence raisonnable environnementale (ci-après dénommée « diligence raisonnable environnementale »).
Face à l'aggravation de la crise environnementale mondiale, les entreprises sont appelées à assumer des responsabilités qui vont au-delà du simple respect de la loi.
Avec l’entrée en vigueur de la directive européenne sur le devoir de diligence en matière de durabilité des entreprises (ci-après dénommée « CSDDD ») et l’obligation de publication d’informations sur la durabilité imposée par la CSRD, il est devenu essentiel pour les entreprises de prendre en compte les risques environnementaux au sein de leurs propres entreprises et tout au long de leurs chaînes de valeur et de mettre en œuvre un devoir de diligence environnementale efficace.
Dans ce contexte, le 28 avril 2025, le ministère de l'Environnement a publié le « Résumé des discussions de la table ronde visant à promouvoir les réponses en matière de diligence raisonnable environnementale des entreprises japonaises ».
Cette fois-ci, nous allons examiner la DD environnementale en nous basant sur ce contenu.
Qu’est-ce que la DD environnementale ?
Tout d'abord, permettez-moi d'expliquer ce qu'est la DD environnementale.
La diligence raisonnable environnementale désigne une série de processus continus par lesquels une entreprise identifie et évalue les impacts négatifs réels ou potentiels sur l'environnement dans ses activités commerciales et tout au long de sa chaîne de valeur, et prend des mesures préventives et correctives pour remédier à ces impacts.
À l'échelle internationale, elle a été élaborée sur la base des Principes directeurs de l'OCDE et des Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l'homme, et se positionne comme faisant partie des responsabilités de développement durable d'une entreprise.
Plus précisément, le DD environnemental comprend les étapes suivantes :
- Identification des risques : Identifier les impacts environnementaux potentiels de nos propres activités et de celles de nos partenaires commerciaux
- Évaluation des risques : Analyse de la gravité et de la probabilité d'occurrence
- Mesures préventives et correctives : actions visant à prévenir, atténuer et corriger les impacts
- Suivi et contrôle : Vérification continue de l'efficacité des mesures de réponse
L'introduction de telles informations environnementales devient une obligation légale pour les entreprises en vertu de réglementations telles que la directive européenne CSDDD et la directive sur le reporting de durabilité des entreprises (CSRD), ce qui en fait également une question urgente pour les entreprises japonaises.
Un dialogue constructif avec les parties prenantes en matière de diligence raisonnable environnementale : le point de départ de l’identification et de la gestion des risques.
Compréhension approfondie des impacts environnementaux négatifs
L’impact direct et indirect des activités des entreprises sur l’environnement est considéré comme difficile à percevoir de l’intérieur de l’entreprise.
Cela nécessite un dialogue bidirectionnel avec diverses parties prenantes, telles que les employés impliqués dans la chaîne de valeur, les résidents locaux, les syndicats et les ONG, autrement dit un « dialogue constructif ».
Cela permettra aux entreprises d'appréhender l'impact global et de réagir en fonction des risques environnementaux réels.
Prioriser et justifier les actions
L’évaluation des risques environnementaux repose sur une approche fondée sur les risques, et les priorités de réponse doivent être déterminées en fonction de la gravité de l’impact et de la probabilité qu’il se produise.
Le dialogue avec les parties prenantes est également important dans ce processus. En intégrant des perspectives externes plutôt que de se fier uniquement à la perception des risques propre à l'entreprise, il est possible d'apporter des réponses efficaces et justifiées.
Une plateforme de communication pour prévenir les crises avant qu'elles ne surviennent.
Instaurer un climat de confiance au quotidien peut également être un moyen d'atténuer et de résoudre les risques environnementaux par le dialogue avant qu'ils ne deviennent des problèmes sociaux et ne fassent l'objet de poursuites judiciaires ou de sanctions.
Au sein de l'UE notamment, il existe un risque que les entreprises soient tenues civilement responsables en vertu de la directive CSDDD, et un engagement préalable peut également constituer un moyen de défense pour les entreprises.
Pratiques de diligence raisonnable environnementale : objectifs, méthodes et calendrier du dialogue avec les parties prenantes
À qui devriez-vous parler ?
Nous pensons que le plus important est d'instaurer un dialogue avec les personnes (titulaires de droits) dont les droits humains et l'environnement peuvent être affectés négativement par les activités des entreprises.
Toutefois, s'il est difficile de communiquer directement avec toutes les parties concernées, le dialogue indirect par le biais d'ONG locales, d'experts et de groupes de résidents peut également constituer un moyen pratique et efficace.
Quand et comment devrions-nous interagir ?
Le CSDDD impose un dialogue en cinq phases :
| Phase | Objectif du dialogue |
|---|---|
| 1. Identification des risques | Identifier les impacts négatifs potentiels |
| 2. Évaluation des risques | Évaluation de la gravité et de la probabilité |
| 3. Planification des mesures préventives | Élaborer des politiques de réponse fondées sur les priorités |
| 4. Mise en œuvre des actions correctives | Fonctionnement et surveillance des contre-mesures |
| 5. Suivi continu | Dialogue à long terme et instauration de la confiance |
L'importance de la divulgation d'informations dans le cadre de la diligence raisonnable environnementale
La diligence raisonnable environnementale est « réalisée par la divulgation ».
En matière de diligence raisonnable environnementale, la divulgation de l'intégralité du processus est considérée comme une partie essentielle de la diligence raisonnable, et non pas seulement comme une obligation de déclaration.
En démontrant au public les impacts qu'une entreprise a identifiés et les mesures qu'elle a prises, elle offre également l'opportunité d'établir sa crédibilité et de recueillir des commentaires.
Réponse intégrée à la divulgation d'informations sur la durabilité
La directive CSRD de l'UE exige la divulgation d'informations fondées sur une diligence raisonnable environnementale dans les rapports de durabilité (ESRS).
Il est nécessaire de considérer l'évaluation de la double matérialité (une méthode d'évaluation qui prend en compte les questions importantes sous deux angles : l'impact sur le développement, les activités, la position et la valeur globale de l'entreprise, et l'impact environnemental et social des activités de l'entreprise sur les différentes parties prenantes) et le DD comme une seule et même entité, et d'utiliser les résultats du DD environnemental comme base pour l'évaluation des risques.
Création de relations co-créatives : la transparence engendre la confiance et l’empathie
Plutôt que d'affirmer qu'il n'existe aucun risque environnemental, il est plus important d'adopter une attitude de transparence montrant comment vous gérerez ces risques, en supposant qu'ils existent.
Pour donner quelques exemples précis, Enel divulgue le nombre de dialogues qu'elle a eus avec les parties prenantes et les méthodes qu'elle utilise pour identifier les risques, tandis que Casino divulgue avec qui elle a dialogué et les résultats de ces dialogues.
Des précédents jurisprudentiels applicables en pratique
Enel (Italie)
L'entreprise a publié un document décrivant étape par étape comment elle collabore avec les parties prenantes pour identifier les risques environnementaux et liés aux droits de l'homme.
Pour chaque risque prioritaire identifié, nous divulguons systématiquement le type de dialogue, la fréquence et le moyen par lesquels nous communiquons, ce qui rend nos opérations extrêmement transparentes.
Par exemple, il indique précisément le nombre de fois où des dialogues sur les risques environnementaux ont été menés avec les fournisseurs et des réunions informelles avec les résidents locaux.
Le rapport mentionne également la coopération avec le système de gouvernance interne comme moyen de maintenir la cohérence entre l'évaluation des risques et le processus de dialogue.
Casino Guichard-Perrachon (France)
Le géant français de la distribution Casino a été mis en avant pour sa gestion des risques, notamment en matière de déforestation.
Pour faire face aux risques graves tels que l’exploitation forestière illégale et l’expropriation des terres chez ses fournisseurs, l’entreprise recueille des informations par le biais d’un dialogue avec des ONG et des groupes de la société civile locale, et divulgue les détails de ces informations dans un Document d’enregistrement universel (URD).
Par ailleurs, la société a également révélé comment elle a revu sa propre cartographie des risques en fonction des risques qui lui ont été signalés et comment elle a apporté des améliorations à ses politiques d'approvisionnement.
Face aux poursuites engagées contre des entreprises manquant de transparence, la société travaille à la mise en place d'un système de surveillance en collaboration avec des ONG environnementales, dans le but de concilier un engagement plus approfondi et la divulgation d'informations.
résumé
La diligence raisonnable environnementale ne se limite pas à la conformité sur le papier, mais constitue un processus d'examen de la nature même d'une entreprise.
Un dialogue constructif avec les parties prenantes et une communication honnête des informations permettront non seulement de visualiser les risques et de justifier les réponses, mais constitueront également un moteur d'amélioration de la valeur de l'entreprise.
Les entreprises japonaises en particulier devront se conformer aux futures normes mondiales tout en utilisant leurs systèmes de gestion environnementale existants et la communication accumulée avec les résidents locaux.

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